Lancia Flaminia Touring, la voiture de Marcello Mastroianni…

La Lancia Flaminia est la berline haut de gamme de la marque Italienne, lancée en 1957, elle succède à la mythique Aurelia. La berline est basée sur le concept car Lancia Florida, dont les lignes, signées Pininfarina, inspireront nombre de berlines Italiennes et Françaises (dont la Peugeot 404 !) du début des années 60. La Flaminia sera également largement utilisé par la présidence Italienne en tant que véhicule de défilé. Paris Balade vous propose de découvrir l’essai d’un des dérivés sportifs de la berline : la Flaminia Touring. L’essai présenté ici est réalisé par l’Auto journal en 1960. Bonne lecture !

L’essai

Le coupé GT est équipé du même 6 cylindres en V à 60 degrés que la Lancia Flaminia, mais sa puissance a été augmentée afin d’améliorer les performances de la voiture. C’est ainsi que la culasse a été modifiée, que le rapport volumétrique est passé de 7,9 à 8,5 et que le carburateur double corps de 35 a été muni d’un autre réglage. Dans ces conditions, la puissance est passée de 112 CV à 4 800 t/mn à 132 CV à 5 100 t/mn, tandis que le couple maximum qui est sur la voiture de tourisme de 19,5 mkg à 3 000 t/mn, tombe à 19 mkg à 3 500 t/mn. Cette diminution du couple est la rançon du gonflage auquel a été soumis ce moteur dont les possibilités sont malgré tout limitées puisque, même amélioré, il ne présente pas une puissance au litre supérieure à 53,5 CV.

Quoi qu’il en soit, cette puissance « modeste » autorise néanmoins des performances convaincantes et, sur l’anneau de vitesse de Montlhéry, notre voiture d’essai a pu être chronométrée à 176,4 km/h, ce qui représente sur route autour de 180 km/h. Compte tenu du poids de la voiture, qui est étonnement lourde, 1 345 kg, les accélérations sont également satisfaisantes et aux 1 000 mètres départ arrêté, nous avons enregistré un temps de 35,4 s.

Nous avons consommé, durant notre essai, 17,1 litres aux 100 km, ce qui est normal par rapport aux performances obtenues et si l’on se contente de vitesses plus modestes, ce moteur s’avère d’une sobriété très acceptable.

La boîte est à 4 vitesses, toutes silencieuses et synchronisées, et le levier coudé est fort bien placé au plancher, le long du tunnel de transmission.

La Lancia Flaminia GT est munie en série de freins à disque Dunlop sur les quatre roues, et, nous avons savouré comme il sied le sentiment de sécurité qu’on peut éprouver au volant d’une voiture rapide qui s’arrête chaque fois qu’on le désire. Il faut cependant comprendre que, si puissants soient-ils, les freins ne peuvent ralentir une voiture que si les roues restent fidèlement en contact avec le sol. Sur un mauvais revêtement, il convient donc de freiner un peu moins fortement et de prévoir des distances d’arrêt légèrement augmentées.

Ce coupé possède des réactions très franches et, après l’indispensable prise de contact, on se sent très en confiance à son volant.

La suspension est ferme, mais elle n’a jamais tendance à fatiguer outre mesure le conducteur.

C’est dans la direction que réside indiscutablement le point le plus critiquable de la voiture. Tout d’abord les oscillations du volant en ligne droite sur certains revêtements deviennent gênantes – mais non dangereuses – à très grand vitesse. Par ailleurs, cette direction est dotée d’une trop grande démultiplication et, sur route sinueuse, la conduite perd en précision en raison de l’amplitude des mouvements qu’on est contraint d’opérer.

Ce châssis est carrossé par Touring et la pureté des lignes de cette caisse s’affirme au premier coup d’œil, en revanche la finition est très moyenne. En ce qui concerne l’habitabilité, nous avons affaire à une deux places dans laquelle deux personnes de taille moyenne trouvent place confortablement.

Quant à l’équipement général, le conducteur trouve à sa disposition les instruments qui lui permettent de contrôler efficacement le fonctionnement du moteur, mais cet équipement aurait pû être plus soigné, en raison du prix de la voiture, et mieux étudié. La position du frein  à mai, par exemple, est certainement la plus mauvaise que nous ayons vu ces dernières années. Quant aux essuie-glace, leur efficacité et leur champ d’action sont indignes d’une telle voiture.