Une sportive française à moteur centrale

Lancée en 1973, la Matra Bagheera se distingue par ses trois places de front et son moteur central, produite à 47 796 exemplaires jusqu’en 1980, elle sera vendu par Simca. Paris Balade vous propose d’en découvrir un essai réalisé par l’Auto-Journal pour son numéro spécial salon de Paris de 1973. Bonne lecture !

L’essai de la Matra Bagheera

La Bagheera est une Matra-Simca et l’association peut s’analyser rapidement : Simca-Chrysler a apporté son réseau commercial, ses moyens de marketing et son capital mécanique tandis que Matra pose dans la corbeille une chaine de production disponible ainsi que la capacité créative de ses techniciens. La Bagheera reçoit le moteur de la 1100 TI.

Performances

A Montlhéry, chauffeur seul à bord, nous avons obtenu 181,3 km/h tandis que les 1000 mètres départ arrêté étaient couverts en 33s 3/5. La faible cylindrée du moteur se fait surtout sentir dans le domaine des reprises. Certes, il faut jouer du levier si l’on veut obtenir les meilleurs chronos mais cela ne devient pas une obsession, surtout si l’on considère l’excellente maniabilité de la boîte dont les synchros combinent efficacité et douceur. La voiture est d’ailleurs souple et docile en ville. Enfin, le moteur est remarquablement bien équilibré, exempt de vibrations et les hauts régimes ne semblent vraiment pas lui faire peur. Côté consommation, une voiture aussi rapide peut être utilisée de diverses manières. En tirant sur les intermédiaires et en alignant des chronos, quand même conséquents, nous avons consommé 14,7 litres aux 100 km. En conduite plus calme, il est facile de passer sous les 10 litres.

Caractéristiques Matra Bagheera

Caractéristiques

Sécurité et confort

La Matra Bagheera, malgré sa puissance modeste, rappelle parfois une véritable petite voiture de circuit. En inventoriant ses qualités, on peut aligner une très bonne tenue de trajectoire en ligne droite, une rassurante insensibilité au vent latéral, un excellent équilibre en virage avec une légère tendance à survirer si l’on insiste beaucoup, cela sans oublier une absence de roulis et de tangage surprenante par rapport au confort réel de la suspension, une direction douce et précise de la meilleur cuvée et un freinage dont la puissance, l’endurance, l’équilibre et la progressivité se rencontrent assez rarement réunis. Quelle que soit la qualité du revêtement, la suspension assure non seulement le confort mais également une adhérence garantissant à priori des trajectoires pures. La direction possède un amusant volant gainé, de forme bizzaroïdale et que l’on prend très bien en main. Quant aux freins, sur le sec ou le mouillé, les décélérations sont impressionnantes et l’équilibre également.

Les créateurs de la Matra Bagheera ont voulu supprimer l’inconvénient du moteur central qui, à moins d’être monté sur une plateforme de très grand empattement, empêche l’implantation des places de secours arrière. Ici, on dispose de trois places de front. Le siège-pilote réglable est détaché d’une banquette fixe bi-galbée, l’ensemble étant fort bien dessiné et parfaitement utilisable par trois adultes, avec énormément de place pour les jambes et une position de conduite très allongé qui satisfaira vraisemblablement la majorité.

Conclusion

Les techniciens de chez Matra viennent d’effectuer avec cette voiture un travail de premier ordre. Grâce à l’utilisation d’un grand nombre d’éléments issus d’une berline de série, il en résulte un véhicule dont le prix ne dépasse pas les frontières de l’imagination et du carnet de chèques de l’automobiliste raisonnable, tout en offrant une qualité globale de comportement qu’il fallait jusqu’à présent payer beaucoup plus cher, d’une manière ou d’une autre.

Pour en savoir plus sur les Matra Bagheera vous pouvez vous rendre sur la page du club.