La Matra Rancho, un SUV avant l’heure !

Lancé en 1977, la Matra Rancho (en collaboration avec Simca) est le précurseur des SUV actuels. Un profil de baroudeur sans en avoir les vraies capacités… Paris Balade vous propose un essai réalisé par l’Auto-Journal en septembre 1977. Bonne lecture !

L’essai

Une plate-forme de Simca 1000 allongée et renforcée, une suspension et des freins de même provenance, et un moteur de 1308, une boîte pont de 1307, une partie supérieure arrière conçue et réalisée par Matra ; voilà les grandes lignes de cette 8 CV traction avant.

Performances

Nous avons atteint à Montlhéry 145,6 km/h, couvrant les 400 m D.A. en 19,7 s et les 1000 m D.A. en 37,1 s. En utilisation normale sur route, la Matra Rancho est une voiture plutôt silencieuse et son utilisateur éprouvera le sentiment d’avoir entre les mains une véritable voiture de tourisme. Dans le domaine de la consommation nous avons obtenu 7,15L à 70 km/h de moyenne. En utilisant la voiture à demi-charge, à grande vitesse sur route et en tous chemins, nous avons noté une moyenne de 11,85 litres aux 100 km.

Matra Rancho caractéristiques

Caractéristiques

Sécurité et confort

Le propriétaire d’une Simca 1100 ne sera pas dépaysé en prenant le volant d’une Matra Rancho. Il retrouvera la même direction précise mais ferme se durcissant au fur et à mesure que l’on braque et aussi la même tendance au roulis en virage à grande vitesse. Fait important pour une voiture de ce type, la Rancho supporte parfaitement la charge. En dépit d’un important porte-à-faux arrière, la carrosserie conserve une assiette correcte ainsi qu’une sureté de conduite convenable. Avec une garde au sol théorique de 21 cm, la Matra Rancho se comporte comme une très honnête voiture de tourisme, mais elle sait dévaler un chemin creux sans tout casser. Compte tenu des nouvelles dimensions de la voiture, le freinage parait très correctement assuré et son équilibre est satisfaisant à vide et en charge.
Esthétiquement parlant, la carrosserie a résolument été travaillée dans le style « aventure ». Elle représente un moyen terme sympathique entre la Land et la Range-Rover, sans pour autant sacrifier exclusivement au snobisme. Le volume habitable est très important et le constructeur l’a ingénieusement exploité. Beaucoup de place à l’avant, où l’on accède aisément mais, bien entendu, l’absence de portières arrière rend l’accessibilité à la confortable banquette postérieure beaucoup plus discutable. Sous tous les angles, la visibilité est très bonne.
Le tableau de bord est correctement organisé : compteur journalier, montre, tablettes vide-poches, boîte à gants. L’éclairage est puissant. Autres éléments montés d’origine : une boule de remorque de diamètre 50 et sa prise de courant ainsi qu’un essuie-glace lave-glace pour le hayon qui dispose par ailleurs d’un dégivrage électrique.

Conclusion

La Matra Rancho constitue une exploration intéressante d’un marché qui se développera vraisemblablement dans les années à venir. Simultanément, cette voiture représente un élément de diversification enrichissant pour la gamme des deux marques, Matra et Simca, et utilisant en grande partie le matériel déjà existant. Trois couches d’acheteurs devraient être touchées par ce véhicule : les uns seront attirés par l’aspect symbolique de la carrosserie tandis que les autres la considéreront comme un véritable engin d’évasion. Une troisième catégorie d’utilisateurs potentiels estimera enfin que la Matra Rancho est un break spacieux et économique, parfaitement utilisable dans nos provinces. Sans les quatre roues motrices, la Rancho ne pourra jamais se livrer aux joies du tous-terrains intégral et très accidenté mais elle sera quand même capable de traverser le Sahara.