Reportage du salon Auto Moto d’Epoca 2013

Du 24 au 27 octobre se tenait la 30ème édition du plus grand salon Italien dédié aux voitures de collection : Le salon Auto Moto d’Epoca 2013 dans la ville de Padoue (très jolie ville de 214 000 habitants située en Vénétie).

L’équipe de Paris Balade avait fait le déplacement et pas n’importe comment ! C’est à bord d’une Lada 1300S (S comme sport évidemment) de 1978 que nous avons effectué le trajet Paris-Padoue (1215 kms). Afin de ménager notre monture Soviétique, nous

Lada 2103 panne

Lada 1300S

avons privilégié les routes nationales préférant cruiser à 80 km/h et profiter de la puissance du chauffage Russe qui fut fort utile lors de la montée du Ballon d’Alsace (1237m) ou du passage à travers les montagnes Suisses. La pub Lada des années 70 proclamant fièrement « les dures faites pour durer » fut presque respectée puisque, à part une petite fuite de liquide de refroidissement due à une durite desserrée, nous avons franchi la distance sans encombre ! Cherchant désespérément à échapper à l’achat onéreux de la vignette d’autoroute Suisse, nous usâmes de milles ruses pour leurrer le GPS et l’obliger à nous faire passer le poste frontière le plus désert possible ! Mission réussie, que l’état Suisse nous pardonnera, puisque la somme ainsi économisée fut réinvestie en kilogramme de Toblerone.

Le salon de Padoue s’étale sur une superficie de 90 000m2 et l’on pouvait y retrouver plus de 3600 voitures (dont 2600 réservées à la vente). Notons d’ailleurs qu’à l’inverse d’un Rétromobile qui ne présente, à la vente, que des voitures inaccessibles pour le commun des mortels, l’Auto Moto d’Epoca mêlait avec

Entrée salon

Entrée salon

bonheur GT Italiennes de prestige (Ferrari, Maserati, Lamborghini, Bizzarrini) mais aussi des modèles beaucoup plus populaires (Autobianchi Primula, Fiat 124, Lancia Fulvia berline…) au volant desquelles vous pouviez repartir pour moins de 5 000 Euros. Le succès du salon fut d’ailleurs à nouveau au rendez-vous avec plus de 60 000 visiteurs, dont le tiers venant hors d’Italie.

La Fiat 130

Fiat 130

Fiat 130 Coupé

Nous croisâmes sur le parking visiteur une sublime Fiat 130 coupé malheureusement bien rare en France. Après la disparition de la série 1800-2300, courant 1968, c’est à la 130 que revient le rôle de représenter Fiat dans la catégorie haut de gamme. L’ambition de l’époque était de concurrencer la classe 3 litres dominée par Jaguar, Mercedes et Bmw. Présentée au salon de Genève 1969, la carrosserie, dessinée par le Centro Stile Fiat, n’offre rien de particulièrement attrayant et le tableau de bord, tout en rectangle et plastique, est d’allure par trop ordinaire. Cet habillage peu inspiré cache cependant des dessous dignes d’intérêt. A commencer par le V6, œuvre d’Aurelio Lampredi, avec son bloc en fonte et arbre à câme en tête. Très compact grâce à ses soupapes disposées en ligne et à son vilebrequin sur quatre paliers, ce groupe à course courte développe 140 ch DIN. La suspension est également remarquable, combinant à l’avant des piliers télescopiques et des barres de torsion, disposition permettant le montage de moteurs plus gros, tout en réduisant les contraintes exercées sur les doublures d’ailes. Pourtant, en dépit d’un équipement généreux, avec climatisation et sellerie cuir optionnelles, le succès est mitigé. C’est ainsi qu’en 1971 que Fiat va présenter la seconde

Fiat 124 Break

Fiat 124 Break

version de son vaisseau amiral sous la forme d’un coupé signé Pininfarina. La carrosserie est superbe : on ne peut dire cette fois qu’elle manque d’originalité. Tout à fait dans le goût du moment, ses lignes tout en angles vifs sont l’œuvre des stylistes Filippo Sapino et Paolo Martin. La beauté et le raffinement ne sont pas tout, hélas, et dans cette catégorie de prix, la marque Fiat, synonyme de voitures minimales aux yeux du plus grand nombre est difficile à vendre… La 130 quittera ainsi tristement la scène en 1977 n’ayant jamais réussi à s’imposer même sur le marché Italien où elle était surtout utilisée comme voiture de ministère. C’est d’ailleurs à bord d’une 130 berline que le président du conseil Italien, Aldo Moro, fut enlevé par les brigades rouges en 1978.

Ferrari 641

Le musée Ferrari de Maranello avait également amené de magnifiques voitures dont plusieurs Formule 1. La Ferrari 641, pilotée par Alain Prost lors de la saison 1990 était ainsi présente. Le professeur termina vice-champion du monde suite à l’accrochage de Suzuka avec Senna, revanche prise par le Brésilien sur l’édition 1989 du Grand prix du Japon qui avait également été le théâtre d’un accrochage entre les deux prétendants au titre, le bénéficiaire ayant été le Français. Je dois dire qu’à titre personnel, c’est pour moi l’une des plus belles F1

Ferrari 641

Ferrari 641

jamais dessinées. On est loin des nombreux appendices aérodynamiques d’aujourd’hui, mais la fluidité des lignes, dessinées par John Barnard, y gagne énormément. C’est à son volant que Prost réalisa l’une de ses plus belles courses. Grand prix du Mexique 1990: après une séance de qualification médiocre, Prost s’élance seulement 13ème sur la grille. Ratant son départ, il est même 15ème au premier virage. C’est alors qu’il va entamer sa folle remontée abandonnant, l’espace d’une course, sa réputation de froid calculateur qui ne prend jamais de risques inconsidérés. Dépassant un par un ses concurrents, il gratifia ce jour là ses adversaires d’un véritable récital de brio. Il finit ainsi par rejoindre Senna, leader jusque là, au 61ème des 69 tours du Grand Prix, finissant par s’imposer devant son coéquipier Mansell avec 25 secondes d’avance ! « C’est peut-être la plus belle course de ma carrière » lâcha-t-il à l’arrivée.

La Classe S chez Mercedes

Parmi les modèles exposées, Mercedes, à l’occasion de la sortie de la nouvelle Classe S avait réalisé une rétrospective complète de ses modèles haut de gamme d’après guerre. De la W180, ayant inauguré la carrosserie de type Ponton chez le constructeur Allemand à la W126 due au dessin de Bruno Sacco, elles étaient toutes là. En ce qui nous concerne notre préférence alla à une superbe 300 SEL 6.3 qui était dans les années 60 la monture préférée des pilotes de Formule 1 leur permettant de relier Monza à Spa-Francorchamps à allure soutenue tout en profitant du confort royal de la suspension pneumatique.

Mercedes W180

Mercedes W180

Mercedes 220SE W111

Mercedes 220 SE W111

Mercedes 300 SEL 6-3 W109

Mercedes 300 SEL 6.3 W109

Mercedes 350 SE W116

Mercedes 350 SE W116

Mercedes 560 SEL W126

Mercedes 560 SEL W126

Vous l’aurez compris, nous ne pouvons que vous conseiller de prendre date pour l’édition 2014, sans compter qu’en plus du salon la région regorge d’endroits à visiter (Venise, Vérone, Bergame, Vicence…).

Site d’Auto Moto d’Epoca : http://www.autoemotodepoca.com/