La NSU Ro 80, la berline à moteur Wankel

Produite à 37 000 exemplaires de 1967 à 1977, la NSU Ro 80 est l’une des rares berlines à moteur rotatif Wankel commercialisée dans l’histoire de l’automobile. Si Mazda fut l’un des pionniers de cette technologie, Citroën s’y intéressa aussi avec sa GS Birotor. La marque Allemande NSU (absorbée par Audi en 1977) ne connut jamais le succès avec cette berline dont la consommation importante, surtout en plein choc pétrolier, rebuta de nombreux acheteurs. Paris Balade vous propose d’en découvrir un essai réalisé par Europe Auto en 1969. Bonne lecture !

L’essai

Utiliser pour faire tourner les roues d’une voiture le mouvement alternatif du piston d’un moteur parait une complication superflue. Effectivement, il faut d’abord transformer le mouvement alternatif de ce piston en mouvement rotatif ; c’est le rôle du vilebrequin. C’était pourtant jusqu’à une date récente la solution utilisée pour toutes les voitures. La solution adoptée par la NSU Ro 80 est apparemment beaucoup plus simple : le mouvement rotatif des roues est directement commandé par le mouvement rotatif de deux pistons rotatifs. Satisfaisant sur le plan intellectuel, le moteur à piston rotatifs apporte-t-il des avantages matériels à l’automobiliste ? Le moteur est souple et silencieux. Même à grande vitesse, aucune vibration n’est perceptible. La vitesse de pointe est excellente pour la cylindrée ; elle est honnête pour le prix de la voiture. Le chapitre des accélérations est un peu moins satisfaisant : la NSU Ro 80 est nettement battue par l’Alfa 1750, qui est pourtant nettement moins coûteuse.

La NSU Ro 80 n’est pas une sportive, c’est une grande routière. Un handicap : une consommation d’essence nettement plus élevée que celles de ses concurrentes à moteur classique.

Caractéristiques NSU Ro 80

Caractéristiques

De la grande routière, la Ro 80 présente un autre trait de caractère : la sécurité. Le comportement routier est extrêmement sain et le freinage efficace. Pour faciliter la tâche du conducteur, la NSU Ro 80 fait largement appel à l’automatisme. Un servofrein se charge de l’exécution du freinage. Il a même tendance à s’en charger avec trop de zèle ; il faut prudemment doser la pression sur la pédale. Les changements de vitesse sont effectués automatiquement grâce à un embrayage automatique et à un convertisseur de couple.

La ligne de la voiture a surpris. Les uns ont apprécié son capot très plongeant, les autres lui ont reproché son déséquilibre entre l’avant effilé et l’arrière massif. L’automobiliste qui recherche l’originalité mécanique ne sera pas rebuté par l’originalité de la carrosserie. Mais cette originalité est une arme à double tranchant. Combien de garagistes sont-ils capables d’assurer l’entretien et les réparations d’un moteur à pistons rotatifs ?

Pour en savoir plus sur ces berlines, vous pouvez visiter le site du club : http://www.club-nsu.fr/index.html