La Triumph TR2, la petite sportive Anglaise

Lancée en 1953, la Triumph TR2 s’inscrit dans la tradition des petites Anglaises sportives, elle connaitra en particulier un grand succès sur le marché Américain. Paris Balade vous propose un essai réalisé en 1954 pour le numéro spécial salon de l’auto-journal, bonne lecture !

 

L’essai

La marque Triumph fait partie du groupe Standard dont la réalisation la plus connue est la Vanguard, berline 5 places de grande série, et qui fabrique également les petites Standard « Eight » et « Ten », destinées au marché populaire ainsi que la Triumph « Renown » dont la carrosserie aux lignes anguleuses n’est plus guère appréciée. La dernière née ce groupe est la Triumph TR2 qui fait l’objet de ce banc d’essai.

 

Mécanique

Le moteur qui équipe la Triumph TR2 est directement issu du groupe de la Vanguard et présente de grandes analogies avec celui qui équipe le petit tracteur agricole Ferguson. Sa cylindrée a été ramenée de 2 088 cm3 à 1 991 cm3 afin de pouvoir bénéficier en compétition des avantages de la catégorie 2 litres.

Capotée et munie de ses panneaux de portières, la voiture a atteint 160,9 km/h ; décapotée, nous n’avons pas dépassé 148,5 km/h mais, équipé en tank, c’est-à-dire pare-brise ôté – la manœuvre s’effectue avec la plus grande facilité – et la place du passager obturée par une toile spécialement destinée à cet usage, nous avons noté au chronomètre 170,5 km/h.

Caractéristiques Triumph TR2

Caractéristiques

Les valeurs obtenues lors de nos divers essais de consommation satisferont sans doute les plus difficiles. Précisons que nous avions affaire à une voiture munie de la 5ème surmultipliée Laycock-de-Normanville, fournie contre supplément.

La boite de vitesse est à 4 vitesses, 2ème, 3ème et 4ème silencieuses et synchronisées. La synchronisation des 3 rapports supérieurs n’est pas critiquable.

En service normal, le freinage est pleinement satisfaisant et la voiture se contrôle parfaitement au moyen de pressions légères sur la pédale. La manière dont la voiture passe de la vitesse maximale à l’arrêt total, procure également une sensation de sécurité, et si dans une descente de col, les freins chauffent relativement vite, ils permettent néanmoins toujours de contrôler l’ensemble.

La Triumph TR2 est avant tout une voiture amusante à conduire.  En ligne droite et quelle que soit la vitesse, elle tient sa trajectoire de manière fort correcte.

La suspension est très ferme, la principale caractéristique de la direction consiste surtout en une grande précision.

 

Carrosserie

Les lignes de la Triumph TR2 peuvent difficilement être qualifiées de gracieuses. Les aménagements intérieurs ainsi que la capote et les panneaux latéraux sont réalisés avec soin.

Cette voiture est une 2 places qui ne baptise pas « 2 places de secours », l’emplacement libre derrière les 2 sièges. Ceux-ci sont confortables, bien dessinés, retiennent sans gêner les passagers lors des virages à grande vitesse.

Si l’on excepte quelques négligences, l’équipement général de la TR2 est largement suffisant.

L’emplacement libre derrière les sièges ainsi que le petit coffre à bagages fermant à clé permettent d’emporter un nombre de valises très suffisant pour deux personnes. La roue de secours est glissée à plat avec l’outillage dans un compartiment séparé situé sous le coffre. L’orifice du vaste réservoir d’essence – autonomie moyenne de 750 km – est placé derrière la lunette arrière.

Le mérite – et il est énorme – de la Triumph TR2 est avant tout de permettre à un conducteur sportif de pouvoir lutter à armes égales en rallyes avec des voitures valant deux fois plus cher qu’elle. Ajoutons à cela que cette sympathique machine est parfaitement utilisable en service normal en raison de son confort, de sa souplesse, et de sa sobriété. Serait-ce un rêve irréalisable que d’espérer qu’un constructeur français fasse un jour le geste nécessaire afin que les sportifs français disposent d’un engin leur permettant de s’évader, avec des chances de succès, de l’éternelle catégorie « moins d’un litre », sans qu’il soit nécessaire pour cela de dépenser plusieurs millions.