Alpine V6 Turbo, une des dernières GT Françaises !

Lancé en 1984, l’Alpine GTA (Grand Tourisme Alpine) sera produite à 6 494 exemplaires. Performante, elle reste comme l’une des dernières grand tourisme à la Française (avec Venturi).  Paris Balade vous propose un essai réalisé en 1986 par l’Auto-Journal de l’Alpine V6 Turbo. Bonne lecture !

L’essai

L’anneau de Montlhéry étant incapable de permettre des vitesses aussi élevées, nous nous en sommes remis au bon vouloir des proverbiales lignes droites de la Bukovine du Nord. Nos efforts ont trouvé leur récompense dans une performance quand même inhabituelle, à savoir 260,9 km/h, qui est tout à l’honneur de la voiture. Nos mesures d’accélération ont également donné des résultats satisfaisants : 14,5s aux 400m départ arrêté et 26,7s aux 1000m.

Notre Alpine V6 Turbo était chaussée en Michelin MXW 255/45 ; il est certain que l’adoption en série de pneumatiques aussi impressionnants – Ferrari n’a pas prévu plus gros pour les 390 ch de sa Testarossa – a exercé une influence bénéfique sur la tenue de cap, aussi bien en ligne droite qu’en virage, tout au moins sur routes sèches !

A n’importe quelle allure, la plus rapide des Renault se contrôle sans peine – à la condition d’être entrainé à la conduite à très grande vitesse -, que l’on se trouve en ligne droite ou en courbe, sur routes ouvertes s’entend… La position de conduite est agréable mais la direction n’est pas loin de combiner tous les inconvénients sous une forme mineure toutefois.Alpine V6 Turbo tableau de bord

Le volant est un peu trop doux en ligne droite, avec un point mort de quelques degrés qui devient gênant à très grande vitesse, où le pilote éprouve l’impression de supporter dans les mains le poids d’une voiture qui voudrait continuer tout droit.

Cette tendance à sous-vivrer n’est pas immuable et, si l’on insiste réellement beaucoup, elle pourra se muer instantanément en une propension au survirage qui demandera alors un contrôle immédiat et précis mais, il faut le reconnaitre, la voiture demande à être véritablement brutalisée pour réagir de la sorte, tout au moins sur le sec. Traitée dans le style ferme, avec un amortissement maintenant correct, la suspension est très acceptable, surtout à grande vitesse. La qualité des sièges, en nette amélioration, et leurs réglages, feront le plus souvent passer le reste. En dépit de la présence de quatre disques ventilés, le freinage n’est pas pleinement satisfaisant. Le fait de « lécher » la pédale à grande vitesse a tendance à déclencher un certain louvoiement au volant et, si le phénomène disparait à mesure que l’on appuie plus fort sur la pédale et qu’on écrase les suspensions, on note alors l’apparition de phénomènes vibratoires qui paraissent nuire légèrement aux distances d’arrêt.

Alpine V6 Turbo caractéristiques

Caractéristiques

Généralement assez douce et relativement précise la direction souffrira, aux yeux de certains, de son volant aux formes curieuses et dépourvu de toute possibilité de réglage, cela sans parler d’un rayon de braquage non négligeable.

La planche de bord étant ce qu’elle est et n’ayant pas subi de modifications, il restera à ceux qui ne l’acceptent pas à fermer les yeux, tout au moins à l’arrêt. Cela étant dit, l’équipement est abondant et généralement fonctionnel.

Avec cette Alpine V6 Turbo, la Régie tient peut-être un outil de pénétration, certes marginal, mais néanmoins capable de rapporter des devises, entre autres par l’intermédiaire d’American Motors.