Le Salon Parisien de la voiture de collection

Paris Balade a visité pour vous le salon Rétromobile 2014, découvrez notre compte rendu de visite !

La 39ème édition du plus illustre salon Français de voiture de collection se tenait du 5 au 9 février. Pour la première fois, les belles anciennes avaient investi le plus grand hall d’exposition de la Porte de Versailles. C’est ainsi sur 44 000 m2 que les 450 exposants, parmi lesquels une centaine de clubs et associations, ont offert au public (90 000 visiteurs) un spectacle qui impressionne même les visiteurs les plus exigeants…

Dinky Toys stand

Stand de miniatures Dinky Toys

Comme chaque année, plusieurs thèmes étaient mis en avant : les voitures des maharadjas réunies pour la première fois en Europe, l’aventure humaine et sportive du Dakar, le patrimoine Lancia, les Alpine ainsi qu’un stand spécial célébrant le centenaire de la Grande Guerre (on y retrouvait notamment les fameux taxis de la Marne ou la Renault 40cv du Maréchal Joffre).

La Renault projet 900

Les constructeurs Français possédaient aussi d’imposants stands : Renault fêtait ainsi les 30 ans de l’Espace et l’on pouvait admirer un étrange précurseur de ce dernier, sous la forme d’un prototype : le projet 900 de 1959. Etudié avec le carrossier turinois Ghia, il remet complètement en cause les habitudes de l’époque, avec un habitacle très avancé, lumineux et spacieux. Le moteur, un V8

Renault projet 900

Renault Projet 900 (1959)

composé de deux blocs de Dauphine, est à l’arrière. Le concept de l’Espace n’est pas loin… Mais l’idée est encore trop avant-gardiste, une alternative sera proposée par Renault avec le microbus Estafette et il faudra attendre 1984 pour qu’un concept totalement abouti voie le jour avec l’aide de Matra.

Citroen SM Opéra

Sur le stand Citroën, on pouvait admirer une formidable berline SM Opéra. C’est le carrossier Henri Chapron qui est l’auteur de cette imposante 4 portes. Chapron, basé en région Parisienne, à Levallois, est surtout connu pour ses nombreuses réalisations sur base de DS (il sera d’ailleurs chargé de produire les DS cabriolet de série). Au début des années 1970, après avoir réalisé deux cabriolets SM de parade pour le président Georges Pompidou, l’idée germe dans l’esprit du carrossier de réaliser une berline quatre portes en prenant pour base le coupé SM. Livrés aux ateliers de Levallois, les coupés SM de série y seront découpés et leur empattement allongé de 29 cm pour aménager un compartiment arrière plus spacieux, ce qui le portera à 3,24 m. D’où un gabarit impressionnant, la longueur du modèle Opéra atteignant 5,30 m, soit 10 cm de plus qu’une Rolls-Royce Silver Shadow…

Citroen SM Opéra

Citroen SM Opéra (1973)

Le toit étant prolongé et rehaussé vers l’arrière, le hayon du coupé SM ne convenait plus (il serait d’ailleurs incongru sur une berline de ce prix). L’Opéra est ainsi devenu une berline tricorps. L’Opéra sera vendue au prix de 165 480 francs (soit plus du double d’un coupé SM de série) et ne trouvera que 7 acheteurs. Des 7 exemplaires vendus, quatre ont été commandés par l’importateur espagnol Citroën qui les a tous exposés au salon de Barcelone en 1973 et 1974. Pourquoi cette singularité ? Les voitures présentées sur le salon bénéficiaient, parait-il, de privilèges fiscaux (ventes hors taxes)…  Les trois autres Opéra ont été vendues en France et en Italie. Cette SM Opéra constitue l’ultime réalisation de Chapron qui restera le dernier grand carrossier Français.

Skoda Felicia

On notera également que la marque Skoda n’hésite plus à mettre en avant son patrimoine historique et l’on retrouvait sur son stand une magnifique Felicia Cabriolet entièrement restaurée par la filiale Française de la marque Tchèque. Produite de 1958 à 1959 sous la dénomination de 450 et jusqu’à 1964 sous le nom de Felicia, 15 862 exemplaires de ce cabriolet 2+2 sortirent des usines de Kvasiny. La 450 était équipée d’un moteur 1089 cm3 dérivé de la Popular d’avant guerre, produisant 50 ch grâce à la présence de deux carburateurs qui permettait

Skoda Felicia Cabriolet

Skoda Felicia Cabriolet

une vitesse de pointe de 128 km/h. Les dernières Felicia héritèrent du 1200 de la Octavia (la berline Skoda de la même époque) qui développait jusqu’à 55 ch dans sa version Super destiné aux amateurs de sensations fortes (138 km/h). L’intérieur se caractérisait par une finition avenante, et inhabituelle pour la maque, avec un combiné semi-circulaire regroupant tous les instruments dans la plus pure tradition sportive. Un hard-top optionnel était disponible à partir de 1959. Ce modèle était principalement destiné à l’exportation, ainsi en 1963, la Felicia était vendue à 9 700 F sur le marché Français (avec un supplément de 900 F pour la hard top), somme à comparer au 11 000 F d’une Renault Caravelle ou 10 900 de l’anglaise MG Midget.

La traditionnelle vente aux enchères, organisée par Artcurial, a totalisé la somme de 25 millions d’Euros. Parmi les pièces exceptionnelles, la Bentley 8 Litre coupé Sportsman Gurney-Nutting de 1931 s’est vendue à 2 190 400 Euros.

Quelques autres photos de notre visite:

Rolls Royce Phantom III

Rolls Royce Phantom III (collection des maharadjas)

 

Citroen C4G 1931

Citroen C4G 193

 

Lancia Flaminia Touring Convertible

Lancia Flaminia Touring Convertible

 

Alpine A210

Alpine A210

 

Pour en savoir plus, visitez le site de l’organisateur:
http://www.retromobile.com/