Paris Balade continue de vous raconter l’histoire de Ligier avec les saisons 1983 et 1984. Les départs de Jacques Laffite et de Talbot précipitent l’équipe à l’arrière du peloton.

1983 : Retour au Ford et saison catastrophique

Ligier JS21 Ford
Ligier JS21 Ford

La relation entre Talbot et Ligier s’est détériorée depuis le rachat du premier par Peugeot. Ainsi, le retrait de Talbot n’est pas une surprise à la fin de 1982. Ligier ne pouvant financièrement se permettre le Renault Turbo, c’est un vieillissant Ford Cosworth DFV qui sera utilisé.

Après le départ de Laffite vers Williams, c’est Jean-Pierre Jarier qui est engagé pour un an comme leader de l’équipe. Ligier ayant besoin d’argents, des pilotes payants sont envisagés pour le second baquet. Mauro Baldi, Beppe Gabbiani ou Siegfried Stohr sont sur la liste. C’est finalement le brésilien Raul Boesel qui sera engagé grâce au sponsoring de Café do Brasil et Fly Brasil.

Jabouille a quitté la direction technique après une brouille avec Guy Ligier et ce sont Michel Beaujon et Claude Galopin qui dessinent la nouvelles Ligier JS21. L’ingénieur Jean-Pierre Labrosse développa une inédite suspension hydropneumatique inspirée de celle des Citroën. Différents types d’aileron arrière seront utilisés pour essayer d’améliorer la motricité défaillante. Guy Ligier essaya même de faire revenir Gérard Ducarouge, licencié 2 ans plus tôt, pour faire retrouver la bonne direction à l’écurie. Cette tentative se solda par un échec.

La Ligier JS21 se montra relativement performance sur les circuits lents et Jarier fût même un prétendant à la victoire à Long Beach avant de s’accrocher avec Alboreto et Rosberg. Les deux pilotes ne terminèrent que 6 fois chacun. Le meilleur résultat étant une 7ème place à Long beach (Boesel) et en Autriche (Jarier). Boesel rata même la qualification à deux reprises. Cette saison médiocre marque la fin de la carrière des deux pilotes en Formule 1.

La saison se termina donc avec aucun point inscrit pour la première fois de l’histoire de Ligier en Formule 1.

Statistiques 1983

Classement pilote : Non classés.

Classement constructeur : Non classé.

Meilleur résultat : 7ème (USA Ouest, Autriche)

Meilleure qualification : 9ème (Monaco par Jarier)

 

1984 : 3 points et c’est tout

Ligier accède au statut d’écurie équipée d’un turbo en obtenant le V6 Renault pour cette saison 1984. Ce type de motorisation, lancée par Renault, devient, au milieu des années 80, une condition nécessaire pour prétendre à la victoire. Dessinée par les fidèles Beaujon et Galopin, la nouvelle Ligier JS23 est cependant assez conventionnelle. Gitanes et Loto sont toujours les sponsors principaux. Michelin est le fournisseur de pneumatiques et Antar (filière d’Elf) fournit le lubrifiant moteur.

Guy Ligier et De Cesaris
Guy Ligier et De Cesaris

Guy Ligier mena quelques discussions avec le vice-champion du monde 1981, Carlos Reutemann, mais ce dernier décida finalement de ne pas sortir de sa retraite. C’est donc le jeune Andrea De Cesaris qui est engagé pour un an le 8 novembre 1983. De Cesaris était surtout connu pour avoir détruit un nombre records de Mclaren au cours de sa saison 1981. Le français François Hesnault est choisi pour le seconder, il est préféré à Michel Ferté après des tests au Paul Ricard.

Ligier JS23B De Cesaris
Ligier JS23B De Cesaris

Les deux voitures abandonnent au Brésil, mais De Cesaris marque les premiers de l’écurie depuis plus d’un an en terminant 5ème en Afrique du Sud. En Belgique, l’Italien est 6ème avant de sortir de la piste. Il se rachète à Imola en frôlant le podium avant de tomber en panne d’essence et d’être classé 6ème. Le Grand Prix de France est une catastrophe puisque Hesnault ne peut y participer. Il doit en effet céder sa monoplace à De Cesaris qui termine 10ème.

De Cesaris se qualifie 7ème à Monaco, mais s’accroche avec son équipier au départ. Cette abandon sera suivi par trois autres avant une 10ème place à Brands Hatch et une 7ème à Hockenheim devant Hesnault. Une nouvelle Ligier JS23B sera confiée à De Cesaris pour les deux dernières manches de la saison. De nouvelles suspensions et un avant plus large ne permettent pourtant pas à De Cesaris de briller.

François Hesnault, quant à lui, fût régulièrement battu par son équipier en qualification et son meilleur résultat restera une 7ème position en Hollande.

Cette saison 1984 sera donc une grande déception pour Ligier, malgré son moteur Turbo, l’écurie ne termine que 9ème au classement constructeursavec seulement 3 points.

Statistiques 1984

Francois Hesnault
Francois Hesnault

Classement pilote : Andrea De Cesaris 18ème 3 points / François Hesnault non classé

Classement constructeur : 9ème 3 points

Meilleur résultat : 5ème (Afrique du Sud)

Meilleure qualification : 7ème (Monaco par De Cesaris)

Retrouvez les autres épisodes de la saga Ligier dans notre blog :

Episode 1 : les débuts.

Episode 2 : La première victoire.

Episode 3 : un prétendant au titre.

Episode 4 : grandeur et décadence

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