Paris Balade vous raconte les années de Ligier en Formule avec les saisons 1991 et 1992 porteuses d’espoir mais ayant aboutit à de nouvelles déceptions.

1991 : Saison de transition en attendant le Renault

Thierry Boutsen

Thierry Boutsen

C’est sous la direction du fidèle Michel Beaujon qu’est réalisée la nouvelle Ligier JS35. Elle doit accueillir le V12 Lamborghini de 680 chevaux en attendant le Renault en 1992. C’est donc une nouvelle saison de transition qui s’annonce. C’est Frank Dernie qui réalise le design de la monoplace aidé par l’aérodynamicien Loic Bigeois.

Coté pilotes, tout est nouveau. Le solide pilote Belge Thierry Boutsen est associé au jeune Erik Comas. Boutsen sort de deux belles saisons chez Williams au cours desquelles il a remporté 3 victoires. Remplacé par Mansell, il compte sur l’arrivée du Renault en 1992 pour relancer sa carrière. Il aura le statut de premier pilote. Agé de 27 ans, Comas est un grand espoir du sport automobile Français et vient de remporter le championnat de F3000, antichambre de la F1.

Dès la première manche à Phenix, il apparait que la saison va encore être difficile, Comas ne parvient pas à se qualifier alors que Boutsen part 20ème et abandonne sur panne d’électronique. Au Brésil, Boutsen termine 10ème alors que Comas se qualifie pour sa première course mais abandonne sur incendie. A Imola et à Monaco, les deux Ligier voient l’arrivée dans le même ordre : 7ème pour Boutsen, 10ème pour Comas. Deux 8ème places suivent au Canada (Boutsen) et au Mexique (Comas). C’est à Magny-Cours que débute la Ligier JS35B tout près du siège de l’écurie, Comas y devance même Boutsen en qualification et termine 11ème devant son équipier. La Ligier JS35B ne brillera pas pendant le reste de la saison, l’écurie se concentrant sur le développement de la monoplace de 1992. Boutsen signa deux 9ème place en Allemagne et au Japon alors que Comas ne put faire mieux que 10ème en Hongrie.

Ligier JS35B Comas

Ligier JS35B Comas

C’est donc sans un seul point que s’achève la campagne 1991, tout comme en 1990. Boutsen se montra régulièrement plus rapide que Comas en qualifications (13 à 3). Pourtant, malgré son expérience il ne rapporta aucun point à l’équipe. Comas ne démérita pas même s’il rata la qualification à 3 repries. En effet la voiture était surtout préparée pour Boutsen et le style de pilotage du Français ne s’y adapta jamais. Les reproches de Ligier à son encontre en fin de saison était donc injustes.

Statistiques 1991

Classement pilote : Thierry Boutsen non classé / Erik Comas non classé

Classement constructeur : non classé

Meilleur résultat : 7ème (Saint-Marin et Monaco par Boutsen)

Meilleure qualification : 14ème (Mexique par Boutsen et France par Comas)

 

1992 : Déception malgré le Renault

Depuis 1989, Guy Ligier se battait pour avoir le V10 Renault, c’était enfin chose faite pour cette saison. Le Renault RS3 développe près de 780 chevaux et est aux mêmes spécifications que celui de l’équipe Williams qui dominera outrageusement la saison 1992. L’anglais Frank Dernie est en charge de réaliser la nouvelle Ligier JS37.

Prost Ligier JS37

Prost essayant la Ligier JS37

Coté pilotes, le même duo que celui de 1991 est reconduit avec l’expérimenté Belge Boutsen associé à l’espoir Comas. Alain Prost, sans volant depuis son limogeage de Ferrari, fut un moment préssenti. Il essaya même la voiture en début d’année, mais décida finalement de prendre une année sabbatique. Comme le dit Guy Ligier en début de campagne, « c’est l’année de la dernière chance, celle qu’il ne faut pas rater ».

Pourtant, dès la première manche en Afrique du Sud, les choses ne se passent pas aussi bien que prévu. Qualifiés 13ème et 14ème, seul Comas termine à une frustrante 7ème place. Au Mexique, les deux voitures terminent 9ème et 10ème, mais à 2 tours des Williams !

Au Brésil et en Espagne c’est le double abandon malgré deux top 10 en qualifications. A Saint-Marin, Comas ne peut faire mieux que 9ème et à Monaco, les Ligier partent en fond de grille pour mener une course anonyme en 10ème (Comas) et 12ème (Boutsen).

C’est au Canada que l’équipe marque enfin son premier point, parti 22ème, Comas ramène le point de la 6ème place et signe par la même sa première arrivée dans le top 6 en carrière. Il récidive à Magny-Cours où l’équipe joue à domicile et termine 5ème après s’être élancé 10ème. Boutsen déçoit en abandonnant sur sortie de piste.

A défaut d’être rapides, les Ligier sont fiables et terminent les 2 courses suivantes en Angleterre et Allemagne, Comas signant sa 3ème arrivée dans les points en 4 courses à Hockenheim (6ème). Aucun Ligier ne voit l’arrivée en Hongrie et en Belgique. A Spa, Boutsen signe une belle 7ème place sur la grille devant son public mais abandonne sur accident. Quant à Comas, il n’est pas qualifié sur à une énorme sortie de piste en essais au cours de laquelle il sera secouru par Senna.

Ligier JS37 Boutsen

Ligier JS37

La fin de saison n’apporte rien de bon si ce n’est une 8ème place de Boutsen au Portugal et une 5ème place du même Belge qui marque enfin des points lors de la dernière manche en Australie.

La saison est cependant catastrophique, surtout au vu de l’excellent moteur Renault. L’équipe aura marqué 6 petits points alors que Williams en compte 164 ! Coté pilotes, Boutsen a nui à sa réputation et il fit pâle figure tout au cours de la saison malgré son expérience. Il devança Comas 9 à 6 en qualifications mais marqua moins de points au championnat. Comas ne démérita pas, surtout en course où il montra de bonnes qualités de finisseur.

Statistiques 1992

Classement pilote : Thierry Boutsen 14ème 2 points / Erik Comas 11ème 4 points

Classement constructeur : Ligier JS37 7ème 6 points

Meilleur résultat : 5ème (France par Comas et Australie par Boutsen)

Meilleure qualification : 7ème (Belgique par Boutsen et Allemagne par Comas)

Comas accident Spa Senna

Comas secouru par Senna

Découvrez les autres épisodes de cette série:

Episode 1 : les débuts.

Episode 2 : la première victoire.

Episode 3 : un prétendant au titre.

Episode 4 : grandeur et décadence

Episode 5 : les années noires

Episode 6 : le retour de Jacques Laffite

Episode 7 : le fond de grille

Episode 8 : les années de transition